À Milan, le flamenco Elle ne se perpétue pas seulement à travers les festivals et les spectacles, mais aussi dans le travail quotidien de celles et ceux qui l'étudient et la transmettent avec dévouement. Dans une ville qui, au fil des ans, a tissé des liens de plus en plus étroits avec la culture espagnole, le rôle de l'enseignant devient primordial. Valeria Guatta Dites-nous ce que signifie enseigner aujourd'hui flamenco En Italie, entre technique, responsabilité et présence scénique.
Milan a appris au fil du temps à dialoguer avec les flamenco de manière moins épisodique et plus consciente. Milan Flamenco Festival C'est la preuve la plus visible de cela : un événement déjà reconnu, capable d'amener de grands noms de la danse dans la ville, de cante et la guitare, tout en favorisant une vision plus mature d'un art qui continue de fasciner profondément l'Italie. D'autres initiatives, institutions culturelles, voyages d'études et espaces éducatifs gravitent également autour de cet événement, contribuant ainsi à son développement. flamenco une présence réelle sur le territoire lombard, bien au-delà de la brève durée de l'émission.
Mais flamenco Cela ne se mesure pas seulement dans les théâtres. Cela se mesure aussi dans les salles de répétition où l'on répète, où l'on se trompe, où l'on écoute, et où l'on recommence. Cela s'intègre dans la répétition d'une mesure, dans la conscience du poids, dans la qualité d'un mouvement de bras, dans la relation entre le corps et la musique. En dehors de l'Espagne, où le flamenco Celui qui enseigne court toujours le risque d'être perçu comme une simple image, une suggestion ou un pur tempérament.peña Un rôle essentiel. Il ne s'agit pas seulement de transmettre une technique. Il s'agit de transmettre un langage, une discipline, une culture du rythme et de la présence.
Le travail de Valeria GuattaDanseuse, chorégraphe et professeure italienne qui, depuis des années, développe un parcours d'études, de recherche et d'enseignement lié à flamencoÀ Milan, il enseigne et collabore avec l'école de flamenco Phoenix Studio Dance, un espace où cette discipline a trouvé continuité et enracinement depuis plus de quatorze ans. Son profil est particulièrement intéressant car il unit deux dimensions qui, dans le flamenco Il ne faut jamais les dissocier : l’expérience de la scène et la responsabilité pédagogique.
Nous lui avons posé quelques questions pour comprendre ce que signifie enseigner aujourd'hui. flamenco En Italie, quelles sont les difficultés les plus réelles et quel genre de vérité cette langue exige-t-elle encore de ceux qui la pratiquent ?
– Qu'est-ce que le flamenco pour un professeur de danse italienne ?
– Pour un professeur d'italien, le flamenco C'est avant tout une responsabilité. Cela ne se réduit pas à une technique à démontrer ni à une série de chorégraphies à apprendre correctement. flamenco C'est une langue très précise, dotée de sa propre grammaire rythmique, musicale et expressive, et quiconque l'enseigne doit trouver un moyen d'amener les élèves à appréhender cette complexité sans la simplifier à l'excès.
Pour moi, le flamenco C'est une véritable école, surtout d'un point de vue technique, car elle ne tolère ni raccourcis ni expression simplement « acceptable ». Si le poids n'est pas correctement réparti, si le rythme n'est pas intégré, si les mouvements des bras ne prennent pas véritablement leur origine dans le tronc, cela se remarque immédiatement. Mais c'est aussi une véritable école sur le plan humain, car elle oblige à cultiver la présence, l'assurance, le caractère et l'écoute.
En Italie, il y a aussi un autre aspect important : bien souvent, cela arrive à flamenco À travers l'image, la force du geste, la jupe, les chaussures, l'idée d'une énergie intense et immédiatement perceptible. Le rôle de l'enseignant consiste aussi à guider l'élève au-delà de cette fascination initiale. À lui faire comprendre que… flamenco Il ne s'agit pas seulement d'intensité ou de tempérament, mais aussi de construction, de rigueur, de sens du rythme et de qualité du mouvement.
« Je crois que l'enseignement flamenco Dans un autre pays, cela exige une grande honnêteté et la conscience que ce n'est pas son propre art. Il faut éviter le folklore caricatural, mais aussi l'attitude inverse, c'est-à-dire croire que l'étude de la forme suffit à comprendre le fond.
– Dans quelle mesure est-il difficile d’étendre le flamenco, considéré comme de l'art espagnol, dans un pays autre que l'Espagne ?
– C’est difficile, surtout parce que flamenco Ce n'est pas un réceptacle neutre. Il naît d'une histoire, d'un langage, d'un monde imaginaire, d'une manière d'appréhender la musique et le corps qui ne peut être transposée ailleurs sans influence extérieure. Hors d'Espagne, le risque est de rester en surface, de se focaliser sur ce qui paraît le plus séduisant ou immédiat.
Je crois que l'enseignement flamenco Dans un autre pays, cela exige une grande honnêteté et la conscience que ce n'est pas son propre art. Il est donc essentiel de le connaître parfaitement et de s'efforcer de le transmettre au mieux. Il faut éviter à la fois un folklore superficiel, digne d'une carte postale, et l'attitude inverse : croire que l'étude de la forme suffit à comprendre le fond. Le rôle de l'enseignant est de guider les élèves au sein d'une langue dont il faut respecter toute la profondeur. Il ne s'agit pas d'imiter une culture de l'extérieur, mais de s'y engager avec humilité et conscience.
Cela dit, la distance n'est pas le seul obstacle. Les étudiants italiens, lorsqu'ils étudient sérieusement, font preuve d'une grande discipline et d'une réelle volonté d'écouter. Ils ne tiennent rien pour acquis, et cela, parfois, est un atout. flamenco Elle peut aussi se développer hors d'Espagne, mais seulement si l'on admet que reproduire son image ne suffit pas. Cela prend du temps et exige un lien authentique avec la musique.
– Qu’arrivez-vous à transmettre de plus précieux sur la technique du flamenco ?
Je dirais la relation entre le corps et le rythme. C'est l'aspect auquel je reviens le plus souvent, car tout le reste en dépend. Beaucoup associent la technique du flamenco principalement au jeu de jambes, mais le pied seul ne suffit pas. Si le corps n'est pas coordonné, le jeu de jambes perd son sens et n'est plus qu'un simple son.
Dans mes cours, j'insiste sur l'axe, le soutien, la coordination, le centrage, le marquage et la qualité du mouvement. Même avec les débutants, je m'efforce de leur faire comprendre qu'aucun élément n'est isolé. Les mouvements de bras ne sont pas décoratifs, les tours ne sont pas de simples effets de style et le jeu de jambes ne se résume pas à la puissance brute. Tout doit être en lien direct avec le rythme et l'intention.
Je préfère une introduction claire, bien placée et musicalement cohérente à une phrase longue mais confuse. Pour moi, la technique ne consiste pas à accumuler les gestes, mais à rendre chaque intervention lisible, nécessaire et soutenue.
– Qu’est-ce qui est le plus difficile à exprimer à propos de flamenco?
– Le plus difficile à transmettre, c'est le temps interne de flamencoJe ne parle pas seulement du comptage des temps, mais de la façon d'être naturellement en phase avec le rythme, sans le forcer ni le poursuivre. C'est une qualité qui ne s'explique pas une fois pour toutes. Elle s'acquiert par le corps, l'oreille et la pratique.
Au départ, beaucoup d'étudiants veulent tout contrôler. Ils veulent bien faire les choses, être précis, faire preuve d'intensité. C'est compréhensible, mais… flamenco Cela ne devient vrai que lorsqu'on l'impose, mais lorsqu'on commence à l'habiter, lorsqu'on comprend qu'une pause peut valoir plus que trois gestes, qu'un appel a besoin de poids et pas seulement de volume, qu'une conclusion n'arrive vraiment que si elle a été préparée.
Une autre difficulté réside dans la capacité à transmettre la sobriété. De l'extérieur, flamenco On pourrait croire que c'est un langage toujours fougueux, toujours intense, toujours dramatique. Mais en réalité, c'est aussi une question de mesure, d'attente, de silence, de capacité à contenir l'énergie et à la libérer au moment précis. Je dis souvent à mes élèves qu'ils ne doivent pas se précipiter pour ressembler à des danseurs expérimentés, car ils doivent d'abord apprendre à s'intégrer à la structure, à respirer la musique, à ressentir quand un geste est vraiment nécessaire. C'est là que naît la maturité, comme l'âme de la danse, et cela exige une grande patience.
« Aux futurs étudiants italiens, et à ceux du monde entier, je dirais : ne cherchez pas un seul modèle à copier. Regardez attentivement, écoutez attentivement, laissez-vous captiver par différents artistes, car l'important n'est pas d'imiter un style, mais de comprendre d'où vient sa vérité. »
– Dans quelle mesure votre voyage en Espagne vous a-t-il permis d'élargir vos connaissances sur flamenco?
– Cela a été fondamental, non seulement pour mieux étudier, mais aussi pour mieux comprendre. En Espagne, flamenco Ce n'est plus un sujet isolé, mais un environnement vivant, une présence concrète, une manière d'écouter et de percevoir le temps. Même un simple cours, ou une dissertation étudiée de près, peut révéler des détails qui risquent d'échapper complètement à une analyse plus approfondie.
Pour moi, voyager a été primordial pour aiguiser mon oreille et remettre les choses en perspective. Lorsqu'on étudie hors de son contexte d'origine, on a parfois tendance à se concentrer sur ce qui est le plus visible. À l'inverse, le contact direct avec l'Espagne oblige à valoriser davantage ce qui sous-tend véritablement la danse : le cante, le dialogue avec la guitare, la qualité du rythme, la mesure du geste.
Pour ceux qui enseignent, il est essentiel de revenir périodiquement à cette source, non pas pour rechercher une validation extérieure, mais pour continuer à s'interroger. Chaque retour à la source peut transformer leur ressenti et leur manière de transmettre l'enseignement. flamencoEt cela, dans un ouvrage pédagogique, est quelque chose de très précieux et, je crois, de fondamental.
– Quels grands noms dans le flamenco Êtes-vous inspiré(e) ?
Les inspirations évoluent avec le temps, et je pense que c'est normal. Il y a des artistes qui, à un moment donné, vous enseignent la construction, à un autre, la rigueur, et à un autre encore, la liberté. Pour moi, des figures comme Matilde Corail, Merche Esmeralda, Manolete, Eva Yerbabuena y Marie PagesChacune d'elles ouvre un monde différent.
Mais pour ceux qui enseignent, il ne suffit pas de regarder les grands danseurs de flamenco. Ils doivent aussi écouter attentivement… cante Et la guitare ; sans elle, la danse risque de devenir repliée sur elle-même. Aux futurs étudiants italiens, et d’ailleurs à ceux du monde entier, je dirais précisément ceci : ne cherchez pas un modèle unique à copier. Observez beaucoup, écoutez attentivement, laissez-vous captiver par différents artistes, car l’important n’est pas d’imiter une forme, mais de comprendre d’où vient sa vérité. ♦



















































































