Des récits qui habitent un temps anachronique et naissent les uns dans les autres : une bailaora aux Enfers, Cupidon dans les Cruces de Mayo de Grenade, ou Médée plumant une poule. Fragmentos de la noche, dont la première mondiale aura lieu le 22 mai au au 18e Flamenco Festival Esch au Luxembourg, est le nouveau projet de Sara Jiménez en compagnie. Dans cette création, la danseuse et chorégraphe explore l’imaginaire mythologique à travers le prisme du flamenco et de la danse contemporaine, en dévoilant des réflexions intimes sur le rôle de l’artiste — actrice d’un théâtre où spectacle et réalité s’entrelacent et parfois se confondent. Conçue, dirigée et chorégraphiée par Sara Jiménez elle-même, la pièce s’appuie également sur la co-direction scénique et la dramaturgie de Juan Kruz Díaz de Garaio Esnaola, la direction musicale et le chant de Teresa Hernández ainsi que la composition musicale et la guitare de José Manuel Muñoz 'El Peli'. L’œuvre sera présentée en Espagne le 31 mai au Real Coliseo Carlos III de San Lorenzo del Escorial dans le cadre de la programmation du 40e Festival de danse de Madrid.
Fragmentos de la noche entrelace les imaginaires de la mythologie et du flamenco pour nous entraîner dans un voyage imaginaire à travers différents mythes classiques, « comme si l’on promenait son regard d’une constellation à une autre, brouillant ainsi les frontières entre le paysage mythologique et notre époque contemporaine.”». D’Orphée aux noces de Cupidon et Psyché, portées par les mythiques sevillanas d’Alosno en guise de bande sonore, des fêtes populaires gravées dans la mémoire collective à l’histoire de Médée revisitée depuis notre présent, cette œuvre naît de la conviction que, grâce à la danse, à la littérature, au contemporain ou au flamenco, « il est possible d’explorer le territoire nocturne de l’expérience mythique et d’y faire jaillir une lumière capable de révéler en quoi elle continue de nous interpeller aujourd’hui.» En parallèle, l’œuvre interroge la manière dont Sara Jiménez entre en relation avec le public, face auquel elle se présente comme une conteuse d’histoires, portée par le désir de faire vibrer une palette d’émotions et de « fendre l’intérieur du spectateur ». En somme, pour reprendre les vers du poète et romancier cubain, José Lezama Lima, cette création est née pour traverser les fragments de la nuit « comme le lièvre pénètre dans l’obscurité, séparant deux étoiles posées sur la lueur de l’herbe humide ».
« Fragmentos de la noche entrelace les imaginaires de la mythologie et du flamenco pour nous entraîner dans un voyage imaginaire à travers différents mythes classiques, « comme si l’on promenait son regard d’une constellation à une autre, brouillant ainsi les frontières entre le paysage mythologique et notre époque contemporaine.».
À la croisée du théâtre et de la danse, cette œuvre fait partie des 30 projets sélectionnés pour les résidences artistiques de 2025 du Centro Coreográfico Canal(CCC) de Teatros del Canal, une initiative du Département de la Culture, du Tourisme et du Sport de la Communauté de Madrid visant à promouvoir la création, la recherche et le développement de nouveaux langages chorégraphiques. La danseuse et chorégraphe granadine est actuellement immergée dans ce processus. Le residencias In-Progress, soutenues par la Mairie de Torrox et le Flamenco Festival en collaboration avec le Ministère de la Culture et de la Fondation Concienciarte, ont également accueilli le développement créatif et technique de l’œuvre en mars dernier. Ces résidences sont un espace unique de rencontre pour les artistes flamenco émergents et établis, et ont été le témoin, lors de trois éditions, du regard singulier et du talent innovant de Sara Jiménez, qui, en collaboration avec la 24e édition du Flamenco Festival de New York, a récemment fait ses débuts sur les scènes de la Grande Pomme et de Chicago.
Dans une ligne créative déjà explorée dans Adioses y Ave de plata,l’espace sonore de Fragmentos de la noche est dominé par le dialogue entre la musique flamenco et contemporaine, ainsi que par l’utilisation des voix, des instruments et une sélection soignée de textes. De son côté, les éléments chorégraphiques, scéniques et lumineux s’intègrent au rythme, à la tension dramatique et à l’espace physique lui-même, compris comme une toile vierge. LLa proposition, qui pourra être vue à Luxembourg et à Madrid lors des premières dates annoncées d’une tournée prometteuse, poursuit le chemin artistique d’une créatrice qui s’efforce de comprendre, de manière libre et personnelle, les nouvelles possibilités du flamenco.
Sara Jiménez a été récompensée par le prix de la Meilleure Interprète de Danse décerné par l’association PAD (Profesionales de la Danza Andaluza) pour Ave de plata et a également été nominée comme meilleure interprète féminine de danse aux Premios MAX, les prix de référence des arts de la scène en Espagne. Cette année,Ave de plata est en lice dans cinq des vingt catégories de ces prestigieuses récompenses : Meilleur Spectacle de Danse, Meilleure Interprète Féminine de Danse, Meilleure Chorégraphie, Meilleur Design de Costumes et Meilleure Création Lumière. La métaphore de l’oiseau et de l’apprivoisement traverse cette pièce, que Sara Jiménez présentera le 29 avril au Théâtre Le Ranelagh à Paris grâce au soutien de l'Institut Cervantes, puis e 10 mai dans la ville andalouse de Carboneras, dans le cadre du Réseau des Théâtres Publics d’Andalousie, et à Madrid à l'automne, à une date encore à confirmer.






